Algérie : Augmentation des taxes et hausse des prix

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naftal

Algérie – APS : Le projet de loi de finances complémentaire (PLFC 2020) propose une augmentation de la taxe sur les produits pétroliers en vue de rationaliser la consommation intérieure d’énergie et de collecter des recettes budgétaires supplémentaires, tout en proposant d’augmenter la taxe appliquée aux transactions de véhicules de tourisme neufs.

Ce dimanche a donc eu lieu un conseil ministériel, au cours duquel, le texte du projet a été approuvé. Ce texte qui emprunte une voie progressive d’ajustement des prix, arrivera-t-il à réduire le déficit commercial ?

L’état se veut rassurant

Dans la communiqué officiel, les mesures prises sont justifiés par le bon vouloir de « rationaliser la consommation de carburant qui est déduite des exportations de pétrole, réduire les importations de carburant afin de réduire le déficit commercial, augmenter les recettes fiscales, réduire les subventions budgétaires, préserver l’environnement et recourir à des carburants moins polluants, tels que le GPL et le GPLc, ainsi que la protection de la santé des citoyens et réduire les sources de contrebande transfrontalière ».

Hausse des prix du carburant

En premier lieu, c’est les prix des différents carburants qui connaîtront une hausse substantielle à raison de « 3 dinars/litre pour les trois types d’essence et 5 dinars/litre pour le gasoil« .

« Il est prévu que cette augmentation rapportera des recettes supplémentaires au budget de l’Etat au cours de la période de juin à décembre 2020 estimées à 41,5 milliards de dinars. Quant aux recettes budgétaires supplémentaires liées à la TVA, elles sont estimées, selon le projet de loi, à 7,9 milliards de dinars. » selon l’APS

Ainsi, les nouveaux prix seront de 41,94 DA/litre pour l’essence Normale, 44,97 DA/litre pour le Super, tandis que le Sans plomb sera facturé à 44 DA/litre. Pour ce qui est Gasoil, ce dernier sera vendu contre 28,06 Da/litre en station.

Cela va-t-il pour autant, stopper le phénomène de contrebande aux frontières ?

L’essence à l’international

Ces nouveaux prix restent relativement faibles comparés au prix moyen de l’essence dans le monde qui est estimé à 154,46 DA/litre au 11/05/2020 selon Global Petrol Prices. Ce même site qui classe l’Algérie 9ème pays au monde où l’essence est vendu le moins cher.

On est donc loin de pouvoir frapper efficacement le phénomène de contrebande d’essence avec cette unique mesure. Surtout quand on sait que le prix moyen de l’essence en Tunisie fluctue autour des 90 DA/litre contre 112 DA/litre du côté de nos voisins Marocains.

Des taxes sur les transactions de véhicules neufs

Afin d’augmenter les revenus, l’état compte aussi taxer toutes les transactions sur les véhicules de tourisme roulant à l’essence et au diesel. Des taxes qui différent selon la puissance du véhicule en fonction de la cylindrée et en fonction de la nature du carburant qu’il utilise pour rouler

D’autre part, le projet de loi comprend une proposition visant à augmenter la valeur de la taxe (timbre) appliquée aux transactions de véhicules de tourisme neufs.

Texte PLFC 2020
Le pays en crise

Une baisse drastique des réserves de changes, une facture d’importation non encore maîtrisé ainsi que la chute virtigineuse du prix du pétrole, ont plongé l’Algérie dans une crise sans précédents au jour d’aujourd’hui. Et les prévisions ne sont guère optimistes.

L’état n’avait d’autres choix que d’adopter des mesures agressives sur le plan des taxes, afin de renflouer les caisses et de rééquilibrer les finances, selon les prévisions du PLFC2020.

Compte tenu de la situation actuelle caractérisée par l’effondrement des prix du pétrole, l’Algérie, comme d’autres pays exportateurs de pétrole, fait face à d’importants impacts sur les équilibres des finances publiques en raison du déficit important enregistré dans le budget et dans la balance des paiements. Cela nécessite une révision des prix de l’énergie, ce qui permettra de rationaliser les subventions budgétaires directes et indirectes qui leur sont liées

Texte PLFC 2020
Une mesure suffisante ?

Plusieurs experts jugeront cela comme étant insuffisant, néanmoins, et pour le moment, nous ne connaissons point tous les tenants et aboutissants à cette mesure pour pouvoir la juger, seul le temps nous révélera les fruits de ses décisions pour faire face à une crise, qui semble de plus en plus inévitable.

Par ailleurs, l’ensemble des mesures est qualifié par « progressive », comme décrit par le communiqué de l’APS. Ce terme reste quelque peu vague et ouvre la porte à plusieurs questionnements.

Aurions-nous droit à de nouvelles taxes dans cette lignée de mesures progressives ? Wait and see, le temps nous le dira…

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