Renault : Voici le plan de réduction des coûts

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Le Groupe Renault, a publié, ce vendredi matin son plan de redressement. Une série de mesures sera adoptée sur les 3 ans à venir.

Ce n’est un secret pour personne, Renault traverse une crise sans précédent, la marque risquait même de faire faillite sans l’aide de l’état français actionnaire à hauteur de 15% dans le capital du losange. Une aide qui consistait en un crédit de 5 milliards d’euros pour aider la compagnie a traverser cette période délicate.

2 milliards d’euros à aller chercher

Comme il s’y était engagé lors de la présentation de ses résultats annuels, le Groupe Renault présente aujourd’hui son projet de plan de transformation dont l’objectif est de réaliser une économie de plus de 2 milliards d’euros sur 3 ans et de constituer les bases d’une nouvelle compétitivité sur le long terme.

Dans un contexte fait d’incertitudes et de complexité, ce projet est vital pour garantir une performance solide et durable, avec comme priorité la satisfaction de nos clients. En tirant parti de nos nombreux atouts comme le véhicule électrique, en capitalisant sur les ressources et technologies du Groupe Renault et de l’Alliance, en réduisant la complexité de développement et de production de nos véhicules, nous voulons générer des économies d’échelle dans le but de rétablir notre rentabilité globale et d’assurer notre développement en France et à l’international. Ce projet doit permettre à terme d’envisager l’avenir avec confiance

Clotilde Delbos, Directeur Général de Renault par intérim.

Renault devra donc trancher dans le vif pour aller chercher cette somme. Néanmoins, le groupe a tenu à rassurer les partenaires sociaux et les collectivités locales, en leurs promettant une concertation et un dialogue permanent.

Accélérer la transformation

Il faut dire que l’industrie automobile rencontre une crise majeure, une urgence liée à la transition écologie et, précipitée par le coronavirus.

L’entreprise devra donc faire avec ces impératifs afin de conduire une accélération de la transition sur tous les plans.

Renault, annonce que le projet de plan permettra de « renforcer la résilience de l’entreprise en privilégiant la génération de Cash Flow, tout en maintenant le client au centre des priorités. Il s’appuie sur une approche plus efficace des activités opérationnelles et une gestion rigoureuse des ressources », en d’autres termes, trancher dans le vif et supprimer des emplois.

Suppression de 15 000 postes en 3 ans

Retour aux basiques, quand c’est la crise, on supprime des emplois. Le choix n’est guère étonnant, car il en advient de la survie pur et simple de l’entreprise. Renault entend donc réduire ses coûts fixes de 20% d’ici 2024.

On s’attendait à ce que le gouvernement français, qui a haussé le ton dans ses récentes sorties, soit plus ferme quant à cet aspect là. Il n’en est rien, 4 600 postes seront supprimés en France, un total auquel s’ajouterait la réduction de plus de 10 000 autres postes dans le reste du monde.

C’est donc une mesure qu’on pourrait qualifié d’agressive, que Renault mets en place. Néanmoins, le losange adopte une communication plus diplomatique en annonçant que « le Groupe Renault envisage de procéder aux ajustements d’effectifs nécessaires pour permettre un retour à une croissance rentable et durable, il s’engage à ce qu’ils soient réalisés à travers un dialogue exemplaire avec les partenaires sociaux et les collectivités locales ».

Autre précision apporté par Renault, ce mouvement d’effectif se fera sans licenciement, mais bien en usant de départs volontaires, de départs à la retraite ainsi que de transfert de compétences.

Amélioration de l’efficacité et réduction des coûts de l’ingénierie

Renault devra donc rationaliser la conception et le développement des véhicules, en optant pour la réduction de la diversité des composants, cela augmentera donc le taux de standardisation des pièces au sein de l’alliance.

Concrètement, nous allons avoir des pièces commune entre les différents véhicules de Renault, Nissan et Mitsubishi.

Le losange compte aussi optimiser les ressources en concentrant le développement des technologies stratégiques à forte valeur ajoutée dans les sites d’ingénierie d’Ile-de-France. Une mesure qui vient faire les part belle au gouvernement français qui a haussé le temps quant à ce point là et, en a même fait une condition majeures dans l’optique du prêt de 5 milliards promis par l’état.

Ce chapitre là, avec cet ensemble de mesures, devra faire économiser à Renault dans les environs de 800 millions d’euros.

Optimisation de l’appareil industriel

Renault compte peaufiner son tissu industriel et ce, en accélérant la transformation des usines par la généralisation des outils de l’industrie 4.0.

Le groupe compte aussi améliorer ses processus dans les nouveaux projets d’ingénierie, en accélérant la digitalisation. On pourrait donc voir encore plus de présentations de modèles en ligne, la délocalisation et le télé-travail des métiers de designers…etc.

Autre mesure importante dans ce chapitre, le redimensionnement des capacités industrielles de production. Ces dernières sont revues de 4 millions de véhicules en 2019 à 3.3 millions d’ici 2024.

Les cas touchés par ce redimensionnement seront le Maroc et la Roumanie, qui ne bénéficieront plus du proje d’augmentation de capacités. Une autre étude d’adaptation vise aussi le site de production du groupe en Russie.

Pour ce qui est des sites en France. Renault lance une concertation pour étudier à partir des usines de Douai et de Maubeuge la création d’un pôle d’excellence optimisé des véhicules électriques et utilitaires légers dans le nord de la France.

L’usine de Dieppe qu’on annonçait au cœur de ce plan de redressement, devra être reconvertie à la fin de la production de l’Alpine A110, un modèle qui sera probablement abandonné d’ici les mois à venir en raison de ses résultats négatifs. Pour rappel, l’usine de Dieppe produit 7 Alpines par jour.

Flins et la Fonderie de Bretagne seront maintenus, avec un transfert des activités de Choisy-le-Roi vers la première, et une revue stratégique en Bretagne.

Total des économies engendrés par cette batterie de mesures, 650 millions d’euros.

Efficience accrue des fonctions supports

Renault compte ici optimiser les frais généraux et ceux du budget marketing. Pour ce faire, le groupe compte digitaliser les services, rationaliser l’organisation et réduire les coûts corrélés aux fonctions supports.

Le losange compte épargner 700 millions d’euros sur ce chapitre.

Recentrage des activités pour une meilleure allocation des ressources

Par ce chapitre, Renault compte transférer les participations du groupe dans certains pays, notamment en Chine. Le constructeur délègue à Dongfend Motor Corporation ses actifs et arrête officiellement ses activités de véhicules particuliers thermiques sous marque Renault sur le marché chinois.

Accueil de ces mesures

Un « projet de casse sociale », selon la CFDT.

Le ton est donné par la Confédération française démocratique du travail (CFDT) du groupe Renault, qui a « dénoncé » vendredi matin le plan d’économies du constructeur automobile. Un plan que ce syndicat qualifie de « projet de casse sociale et de désindustrialisation ». Le deuxième syndicat du groupe « se fera entendre par tous les moyens possibles pour aboutir à trouver des solutions compatibles avec le respect des salariés et l’avenir de tous les sites de Renault en France », a-t-il prévenu dans un communiqué.

La CGT n’y est pas allé de main morte non plus :

La stratégie actuelle est assez suicidaire pour Renault. () On est face à une direction qui présente des réductions » de coûts « sans aucune autre stratégie ferme, volontaire, pour avoir une gamme élargie » de véhicules « correspondant aux besoins des populations et aux enjeux environnementaux 

Fabien Gâche, délégué syndical central de la CGT

L’usine Renault de Maubeuge (Nord) est à l’arrêt depuis vendredi matin, a indiqué l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD) de l’usine, qui a appelé à la grève. « Les annonces faites par Renault n’ont rien de rassurant pour l’avenir de notre site. () Une seule alternative, le rapport de force ! », peut-on lire sur les tracts.

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